Un si joli village

Une proposition de Caroline Bissière et Jean-Paul Blanchet, directeurs de l’Abbaye Saint-André, Centre d’art contemporain à Meymac

Avec : Giulia Andreani, David Coste, Séverine Hubard, Laurent Kropf et Jérémy Laffon

« Prolongeant la thématique choisie pour résidence 2015, sur la mise en scène de l’espace public comme lieux de commémoration, de jeux, de socialisation ou d’échange, les cinq artistes retenus pour la session 2016 s’interrogeront prioritairement sur l’architecture et l’urbanisme qui matérialisent dans l’espace et ici dans le village des Arques, cette communauté humaine, leurs dynamiques, leurs manques et leurs pertes. Ce qui conduit naturellement à en questionner l’histoire. »

Caroline Bissière et Jean-Paul Blanchet

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PRESSE :

L’art contemporain prend résidence – La Dépêche – 07/16 - Voir

Vernissage de la 26e résidence – La Dépêche – 06/16 - Voir

Aux Ateliers, la créativité des artistes en marche – La Dépêche – 06/16 - Voir

La 26e résidence d’artiste à ouvert – La Dépêche – 04/16 -  Voir

PHOTOS :

 

25e résidence

Une proposition de Caroline Bissière et Jean-Paul Blanchet, directeurs de l’Abbaye Saint-André, Centre d’art contemporain à Meymac

Avec : Mathieu Cherkit, Julia Cottin, Julien Crépieux, Eric Hurtado, Mathias Tujague et Niek Van de Steeg

« Pour le 25e anniversaire des Ateliers-Résidences, nous avons souhaité nous souvenir que leur création répondait aussi à la préoccupation de revitaliser le village des Arques, lequel était jusqu’à l’orée du XXème siècle, un pôle urbain structurant (800 habitants) pour l’espace rural alentour, lieu d’échanges et de commerce, de rencontres, de vie sociale, ramassé autour de son église romane.

La problématique suggérée aux artistes a été d’occuper l’espace urbain, en maintenant sa relation avec l’espace rural autour. Le projet qui ne peut ignorer la présence tutélaire de Zadkine, débouche accessoirement sur la question récurrente de la place et de la pertinence de l’œuvre dans l’espace public poussée ici à la limite d’une communauté réduite.

Les six artistes invités ont été choisis non seulement pour les qualités plastiques de leur travail et la diversité de leurs pratiques, mais également pour leur propension à intervenir dans l’espace public et leurs préoccupations sociétales. »

Caroline Bissière & Jean-Paul Blanchet

Téléchargez le journal de l’exposition

PRESSE :

C. Bissière, passionnée d’art contemporain – La Dépêche – 09/15 - Voir

Aux Arques dans la maison de Zadkine – l’Humanité – 08/15 – Voir

Vernissage de la 25e résidence 07/15 – La Dépêche – Voir

Six artistes au vernissage des ateliers 06/15 - La Dépêche – Voir

Tournage de la « Couleuvre » 06/15 - La Dépêche – Voir

Les projets des Ateliers 05/15 - La Dépêche – Voir

Le Village devra inspirer les artistes en résidence 04/15 - La Dépêche – Voir

PHOTOS :

 

L’ÉQUIPE DE LA START-UP

La Start-Up est une entité artistique et promotionnelle éphémère dédiée à la présentation, la promotion et la diffusion du travail des artistes visuels participants à la 24e sessions de résidence des Ateliers des Arques

Andrew Birk, né en 1985 à Portland, Oregon, USA, vit à Mexico

Debora Delmar, née en 1986 à Mexico, Mexique, où elle réside actuellement

Andrew et Debora se sont rencontrés à New York il y a quelques années, mais ont décidé de s’installer en 2011 dans la ville de Mexico, dont Debora est originaire, dans le but d’améliorer leurs conditions de travail et de visibilité. Ils ont chacun leurs pratiques respectives – Andrew est principalement peintre et réalise des pièces sonores, et Debora pratique l’installation – mais les deux artistes questionnent dans leur travail les aller-retours incessants que l’art d’aujourd’hui effectue entre espace réel et virtuel, ainsi que la relation, qu’elle soit culturelle, stratégique ou conceptuelle, entre le centre et la périphérie. Ils sont aussi des participants actifs de la scène Mexicaine émergent, agissant souvent comme curateurs notamment au sein de leur appartement du quartier de la San Rafael comme espace d’exposition sous le nom de NO SPACE. On a pu voir (ou écouter) leur travail à Mexico, Dallas, New York, Los Angeles, Berlin ou Rotterdam, mais il s’agit de leur première participation à un événement en personne en Europe.

Matthieu Laurette, né en 1970 à Villeneuve Saint Georges

Un des premiers artistes français à se définir comme « multimédia » dans les années 90, Matthieu Laurette utilise les stéréotypes, modèles et processus issus du monde des médias, de l’information et plus largement de la « société du spectacle » à la fois comme contenu et forme de son travail. Son travail questionne directement les liens entre art et vie, depuis les premières œuvres télévisuelles, aux dispositifs organisant des équivalences complexes entre circuits de production artistique et économie de marché, aux dernières œuvres tendent à réincorporer la figure de l’artiste à travers une marchandisation progressive de sa personne, dans une démarche se revendiquant ouvertement de l’art conceptuel et de son arsenal bureaucratique de contrats, de certificats et de protocoles. Utilisant depuis 20 ans la dématérialisation comme stratégie principale, Laurette agit dans la Start-Up comme un agent disséminant des informations sur le projet et son processus à son propre réseau de « followers ».

Kara Uzelman, née en 1978 à Vancouver, Canada, vit et travaille à Nokomis, Canada

Kara Uzelman pratique la sculpture et l’installation, souvent en lien avec des recherches in situ, en milieu urbain mais aussi rural. Elle a la particularité de s’être installée il y a trois ans à Nokomis, une toute petite ville située au cœur de la Colombie britannique au Canada, articulant ainsi carrière globale et résidence d’une extrême ruralité. Elle étudie dans son travail les liens entre objets et archéologie, dans une réflexion sur le devenir des civilisations. Elle est invitée à participer à la Start-Up en raison de sa connaissance de ce genre de contextes et de leur articulation au monde de l’art international.

Mathis Collins, né en 1986 à Paris, vit à Marseille

Yann Gerstberger, né en 1983 à Cagnes sur Mer, vit entre Paris et Mexico

Renaud Jerez, né en 1982 à Narbonne, vit à Berlin

Ces trois sculpteurs utiliseront les Ateliers des Arques pour pousser leur pratique sculpturale, vidéo et multimédia dans la direction la plus expérimentale possible. L’idée est d’utiliser les Arques dans le sens initialement pensé à sa création en 1988, à savoir une retraite où penser, tester, et possiblement réussir ou échouer dans la création de nouvelles formes dans un environnement calme, loin de l’activité frénétique de la vie quotidienne mouvementée des artistes. Interessé par la robotique (Jerez), l’exotisme (Gerstberger), le folk (Collins), ils produiront chacun une nouvelle œuvre qui sera présentée dans l’exposition d’été.

Dorothée Dupuis, née en 1980 à Paris, où elle vit actuellement

Dorothée Dupuis est commissaire d’exposition, auteure et éditrice. Formée au Centre Pompidou, cofondatrice de l’association le Commissariat à Paris en 2006, elle fut directrice de Triangle France à Marseille de 2007 à 2012. Féministe convaincue, passionnée par un art critique des représentations contemporaines, elle est codirectrice du magazine Petunia et est actuellement basée entre la France et la ville de Mexico. Ses récents projets incluent notamment “Dewar et Gicquel” au Centre Pompidou, “Interior 301” à la Galerie Alain Gutharc dans le cadre du programme Nouvelles Vagues du Palais de Tokyo, ainsi que “Pro-Choice” à la Kunsthalle Fribourg en Suisse et “Momentum…” à la Galerie PSM à Berlin avec Petunia. Elle est la fondatrice de Terremoto.mx, un blog sur l’actualité artistique dans la région étendue d’Amérique centre/nord, et contribue régulièrement à des publications spécialisées comme récemment Spike (Autriche), Kaleidoscope (Berlin/Italie) et Art Review (Londres)

La Start-up

Une proposition de Dorothée Dupuis, commissaire d’exposition indépendante, auteure et éditrice.

Avec : Andrew Birk, Mathis Collins, Debora Delmar Corp, Yann Gerstberger, Renaud Jerez, Matthieu Laurette et Kara Uzelman

« Une Start­-up est une entreprise à haute valeur technologique ajoutée, à la structure légère, réduite, flexible : ce modèle d’entreprise symbolise ces dernières années le graal de la réussite entrepreneuriale (pour ceux qui la montent) et capitalistique (pour ceux qui y investissent). Autre aspect remarquable, la Start-­up est souvent géographiquement ancrée dans un territoire dont la localisation même n’a aucune incidence sur l’activité de l’entreprise, grâce aux nouveaux moyens de communication, Internet en tête. Seule l’attractivité du territoire en termes de qualité de vie a une influence sur la Start-­up, en ce qu’elle influence sa capacité à recruter les talents les plus exigeants par la promesse de concilier harmonieusement vie privée et vie professionnelle.

La Start­-up que nous créons le temps de la résidence des Arques, bien que fictive (la compagnie n’a pas d’existence légale) est une “entreprise” réelle, dans le sens littéral d’entreprendre quelque chose. La figure de l’entrepreneur est alors pensée comme le double fonctionnel de celle de l’artiste contemporain, pris entre la flexibilité liée à son autonomie et les contraintes multiples qu’implique un environnement extrêmement concurrentiel. Analogie ultime de la confusion temps de travail/temps de vie, la Start­up relève autant du think tank artistique global que de la TPE familiale, et tente d’interagir avec le territoire selon les nouvelles perspectives proposées – imposées ? – au monde rural sous l’angle particulier de la révolution numérique. Les rapports à l’espace et au temps, au loisir et au travail, à la sphère intime et publique, à l’efficacité et à la visibilité, au centre et à la périphérie sont ainsi des axes d’action et de réflexion privilégiés de la Start­-up. »

Dorothée Dupuis

Plus d’informations sur les artistes en cliquant ICI !

Presse

« Voir l’art du fond des cavités » – 08/14 – J.M De Sauverzac – Voir

« Le showroom de la Start-Up » 07/2014 – La Dépêche – voir

« La Start-Up se lance » – 07/14 – La Dépêche - voir

 » Une Start-Up en résidence aux Ateliers  » 05/14 – La Dépêche  – voir

PHOTOS :

 

Collège Robinson

Une proposition de Cécilia Becanovic, Galerie Marcelle Alix

Avec : Simon Boudvin, Guillaume Constantin, Jochen Dehn, Charlie Jeffery, Gyan Panchal, Julien Prévieux, Ernesto Sartori et Virginie Yassef

Aux arpenteurs de l’exposition et amateurs de la vie dans les bois

Comme chaque année, la résidence des Ateliers des Arques réalise la délicate promesse qui consiste à penser l’aboutissement d’un projet de recherche à travers la forme de l’exposition (ou l’exposition comme la mise en lumière des ressorts souvent opaques de la production artistique). Que montre-t-on ? Sans doute ce qui est le plus associé à la vie et au caractère exploratoire de la résidence: des résultats, des formes, des objets suffisamment précis et articulés pour être partagés avec tous les curieux..

Après le temps de l’exploration qui va de paire avec la perte de repères temporels, celui de l’analyse et de la sédimentation des idées, de l’innovation et du recyclage, et celui tout aussi important du doute, du tâtonnement, du ratage, vient le moment de restituer une partie des protocoles d’expériences à l’œuvre pendant ces trois mois d’immersion régulière, au sein du village des Arques et de ses environs.

Les huit artistes et moi-même (commissaire de l’exposition) avons souhaité être attentifs aux enchaînements des actes et à leurs effets, pour mettre en avant et, d’une certaine manière, démystifier les grandes tentations que sont: la conquête, un bonheur simple près de la nature, le fantasme de maîtrise, l’obsession du nouveau ou encore le désir de méthode et de discipline.

N’oublions pas que j’avais donné comme point de départ le récit des aventures « étranges et surprenantes » de Robinson Crusoé de Defoe, et que par conséquent, tous les artistes ont travaillé avec à l’esprit cette trame, les conduisant naturellement vers des pratiques très manuelles (bien plus qu’à l’ordinaire). Cette prédominance de la main, associée à l’appropriation de matériaux en partie disponibles sur le sol des Arques a largement contribué à l’apparition de formes portant en elles quelque chose d’archaïque.

Ce regard de « primitif » est sans aucun doute conditionné par l’omniprésence des cavités souterraines dans tout le paysage. Entre les grottes, les puits et les anciennes mines désaffectées, on ne saurait ignorer les interactions reliant les événements qui se déroulent sous la terre à ceux visibles à la surface. Cécilia Becanovic

PRESSE :

Vernissage des Ateliers des Arques – La Dépêche – 07/10 - Voir

Cécilia Becanovic a initié l’idée du Collège Robinson – La Dépêche – 07/10 – Voir

L’art contemporain c’est l’art en devenir – La Dépêche – 04/10 – Voir

Petit tour de table des 8 nouveaux résidents – La Dépêche – 03/10 - Voir

Artistes et Commissaires

Liste non exhaustive des artistes et directeurs artistiques* passés aux Ateliers des Arques depuis 1988.

Åbäke

Boris Achour

Lara Almarcegui

Giulia Andreani

Sylvie Antoine

Pierre Ardouvin

Michel Aubry

Martin Azua

Nicolas Ballériaud

Dominique Barrière

Orla Barry

Jean-Louis Baudry

Cécilia Bécanovic *

Christian Bernard *

Françoise Bernicot

Mathilde Bretillot

Jean-Sylvain Bieth

Andrew Birk

Julien Bismuth

Caroline Bissière *

Bianca Bondi

Daniel Bonnal

Véronique Boudier

Simon Boudvin

Ronan Bouroullec

Antoine Boutet

Nasser Bouzid

Rachel Brown

Jean-Noël Buatois

Alain Bublex

Olivier Cadiot

Stéphane Calais

Ricardo Calero

Hugo Capron

Patrice Carré

Noëlle Chabert *

Marc Charpin *

Mathieu Cherkit

Christophe Clottes

Gérard Collin-Thiébaut

Mathis Collins

Guillaume Constantin

David Coste

Julia Cottin

Daniel Coulet

Julien Crépieux

Natalie Czech

Jochen Dehn

Daniel Déjean

Marcelline Delbecq

Debora Delmar Corp

Jacques Demarcq

Marie Denis

Design Deux Fois

Daniel Dewar *

Erik Dietman

Jean-François Dingjian

Ellen Driscoll

Dorothée Dupuis *

Jean-Louis Elzéard

Jacques Farine

 

Catherine Ferbos-Nakov*

Pierre-Philippe Freymond

Andreas Fohr

Eric Franch

Aurélien Froment

Susanna Fristcher

Lore Gablier

Rolino Gaspari

Christian Gaussen*

Rémy Génevaux

Yann Gerstberger

Paul-Armand Gette

Karim Gheloussi

Dominique Ghesquière

Prinz Gholam

Pierre-Jean Giloux

Eva Gonzales-Sancho *

Gilles Grand

Toni Grand

Laurent Grasso

Massimo Grimaldi

Marion Guillet

Charles Hadcock

Hendrik Hegray

Philippe Hortala

Séverine Hubard

Bernard Huin*

Eric Hurtado

Lynne Hull

Risti Immonen

Charlie Jeffery

Koo-Jeong A

Renaud Jerez

Yorgos Kaltsidis

Kaiser Kraft

Laurent Kropf

Victoria Klotz

Jan Kopp

Olivier Koval

Susanne Kriemann

Jérémy Laffon

Emmanuelle Lainé

Vincent Lamouroux

Matthieu Laurette

Guillaume Leblon

Claude Lévêque

Bernd Lohaus

Saverio Lucariellio

Laurent Mareschal

Marianne Maric

Jérôme Mauche

Liza May Post

Thomas Merret

Olivier Michelon *

Robert Milin

Benoit-Marie Moriceau

Charlotte Moth

Thierry Mouillé

Claire Moulène *

Jean-Luc Moulène

Valérie Mrejen

N55

Michelle Naismith

Patrick Neu

Frederico Nicolao

Tami Notsani

Jean-Pierre Nouhaud

Jeisung Oh

Rainer Oldendorf *

Gyan Panchal

Douglas Park

Pierre Paulin

Owen Piper

Chiara Parisi *

Paul-Hervé Parsy *

Dominique Petitgand

Marie-Josèphe Petrovalovski

Pascal Pique *

Michelangelo Pistoletto

Eric Poitevin

Julien Prévieux

Irène Pulnin

Thierry Rabot

Philippe Rahm

Thierry Raspail *

Tere Recarens

Joël Renard

Art contemporain en MP *

Damien Roland

Nathalie Roussel

Jean-Michel Sanejouand

Driss Sans Arcidet

Ernesto Sartori

Denis Savary

Gitte Schafer

Katrin Sigurdadottir

Pierre Soignon

Thierry Spitzer

Veit Stratmann

Akio Suzuki

Teruhisa Suzuki

Simon Templeton

Milica Topalovic

Niel Toroni

Joëlle Tuerlinckx

Mathias Tujague

Alexia Turlin

Alain Turpault

Jean-Pierre Ulhen

Carmela Uranga

Kara Uzelman

Juliette Valéry

Niek Van de Steeg

Jacques Vieille

Mathilde Villeneuve *

Bertrand Voiron

Zoé Walker

F.E Walther

Virginie Yassef

Carmelo Zagari

Raphaël Zarka

Alicia Zaton

 

La promenade

Une proposition de Eva González-Sancho, Directrice du Frac Bourgogne, Dijon

Avec Lara Almarcegui, Dominique Ghesquière, Susanne Kriemann, Gitte Schäfer, Katrin Sigurdardottir.

« Un matin, l’envie me prenant de faire une promenade, je mis le chapeau sur la tête et, en courant, quittai le cabinet de travail ou de fantasmagorie pour dévaler l’escalier et me précipiter dans la rue. Dans l’escalier, je fus croisé par une femme qui avait l’air d’une Espagnole, d’une Péruvienne ou d’une créole, et qui affichait quelque majesté pâle et fanée. Pour autant que je m’en souvienne, je me trouvai, en débouchant dans la rue vaste et claire, d’une humeur aventureuse et romantique qui m’emplit d’aise. Le monde matinal qui s’étalait devant moi me parut si beau que j’eus le sentiment de le voir pour la première fois… » Robert Walser, La promenade (Der Spaziergang), 1917 Être au monde : l’observer, s’en emparer, s’y inscrire, ou pas, mais dans tous les cas, nous le donner à voir, autrement, généreusement. La réalité du contexte environnant comme matière première à la construction d’une œuvre constitue un point commun aux démarches des cinq artistes invitées : Lara Almarcegui, Dominique Ghesquière, Susanne Kriemann, Gitte Schäfer, Katrin Sigurdardottir. Chacune à leur manière, leurs œuvres nous permettent de mieux comprendre, expérimenter un lieu, son histoire physique, sociale, humaine et économique L’on apprend toujours beaucoup sur l’histoire d’un lieu, d’un espace, face à une proposition de Lara Almarcegui. Que l’artiste s’attaque directement à l’architecture d’un bâtiment ou qu’elle creuse un trou pour mieux cerner la matière sous nos pieds, l’on découvrira une réalité vaste et riche, un regard inévitablement critique. Son œuvre interroge notamment la nécessité que semble toujours éprouver l’homme à vouloir dessiner, ordonnancer, domestiquer la nature et la ville. Citons par exemple le contrat passé en 2003 entre l’artiste et le Port de Rotterdam pour préserver un terrain vague. Cette terre dès lors convertie en formidable mirador vient contester en creux un surdesign urbain et véhiculer un sentiment de liberté et de potentialité, si présent dans l’ensemble de l’œuvre de l’artiste (Wastedlands : Rotterdam Harbour 2003-18 ; Genk 2003-13 ; Madrid 2005-06 ; Moss 2006-07, 2003-2006). En 2005 Dominique Ghesquière gratte une carte du monde jusqu’au quasi anéantissement du papier, comme une invitation au voyage et au rapprochement de notre corps vers cet objet devenu vivant (carte du monde, 2005). Le travail de Dominique Ghesquière renvoie de prime abord à la disparition ou à la fragilité, mais il ne faudrait pas y voir un quelconque romantisme ou encore moins de la nostalgie. Si ces sculptures s’affaissent parfois et vacillent souvent elles n’en sont pas moins vivantes et contiennent en elles mêmes la suggestion d’un renouveau. Elles nous incitent à nous rendre plus conscients de nos propres forces dans un monde socialement et naturellement parfois hostile. Lorsqu’elle fixe ses objets dans le temps – comme ce voilage arrêté dans son élan (rideau, 2000) – ne nous rend-t-elle pas paradoxalement plus actif? C’est souvent via des documents d’archives que Susanne Kriemann nous ramène à notre rapport au monde. A partir d’événements, de récits du passé ou d’images et d’objets d’un autre temps, avec à la fois enthousiasme et discrétion elle va se saisir de l’histoire commune comme d’histoires particulières. Tel est le cas de One Day (2010), un livre d’artiste dans lequel est proposé un portrait de la ville de Rotterdam à partir d’archives allant de l’après-guerre à nos jours ou de Ashes and broken brickwork of a logical theory (2010), un projet photographique réalisé à partir des archives d’Agatha Christie. D’emblée face à une image ou une série d’images de Susanne Kriemann, notre relation au monde et à l’autre se densifie. Les assemblages, sculptures et objets divers qui constituent l’univers de Gitte Schäfer frappent par leur intemporalité, leur anachronisme (Ignis, 2006 ; Colette, 2006). L’on distinguera peut-être la provenance ou la période d’une partie d’une sculpture mais il serait vain de situer la totalité de l’objet. Gitte Schäfer fait autant usage d’objets artisanaux que d’images de la culture populaire ou de références de la culture savante. Ses œuvres sont fabriquées avec des vases, des bouts de meubles et parfois avec quelques matières vivantes, comme des œufs, du sel. En somme elle pratique un grand ‘mélange de genre’, mais ce faisant nous renvoie à la constitution de nos cultures, de nos civilisations (Pot-pourri encyclopédique, 2006). Les œuvres de Katrin Sigurdardottir suggèrent des paysages, de grandes étendues souvent étrangement fermés aux visiteurs (Untitled, 2006). En effet, l’artiste nous invite non pas à expérimenter un lieu mais plutôt à jouer de notre regard et à le reconstruire. Instaurant une claire distance entre l’idée et l’objet, elle travaille ainsi sur la construction d’image mentale mais par là même ramène le spectateur à sa propre conscience, à sa propre physicalité dans l’espace d’exposition (Island, 2003). Cinq artistes, aux vocabulaires plastiques fort différents rejoignent cette année une même géographie dans le cadre des Ateliers des Arques. Une même géographie, un même contexte qu’elles observeront, fouilleront, pratiqueront et restitueront avec leur singularité propre. Bonne promenade. » Eva González-Sancho

PRESSE :

Vernissage des Ateliers – La Dépêche – 07/11 – Voir

La promenade amène à la création – La Dépêche – 06/11 – Voir

10 artistes en résidence et en promenade – Ma Dépêche – 04/11 – Voir

 

The Magic Porridge Pot

Une proposition de Daniel Dewar, artiste

Avec : Hendrik Hegray, Kaiser Kraft (Stéphane Barbier Bouvet et Benjamin Valenza), Emmanuelle LainéLiza May Post, Michelle Naismith, Douglas Park, Owen Piper.

Madame, Monsieur

Pour cette édition de la résidence d’artistes des Ateliers des Arques, l’artiste Daniel Dewar (la moitié du duo qu’il forme avec Grégory Gicquel) a été nommé directeur de Programme sur la proposition de Madame Charlotte Laubard (Directrice du CAPC, musée d’art contemporain de Bordeaux).

Daniel Dewar a choisi et invité des artistes pour l’intérêt qu’ils portent à la collaboration, l’échange et l’expérimentation.

Le projet s’intitule « The magic Porridge Pot ». Une exposition collective ou même, une œuvre croisée réalisée par les résidents des Ateliers des Arques.

Parmi les nombreux emplacements investis dans le village, une ancienne grange devient Le Centre Culturel Les Arques (CCLA). Y sont présentés un ensemble hybride de travaux des artistes résidents aux côtés d’œuvres d’artistes locaux mais aussi un ensemble d’objets qui ne sont pas des œuvres d’art. Le CCLA est composé de deux espaces. L’un est un espace d’exposition. L’autre, la boutique, vend des éditions d’artiste à des prix très abordables.

Chaque artiste a produit un travail spécifique.

Owen Piper : Des peintures sur toile en technique mixte. Un tableau est offert en cadeau à chacun des habitants du village. Aussi, des peintures en lettres pour les devantures de magasin, inexistants aux Arques.

Douglas Park : De la prose littéraire, de l’art écrit, mais aussi la prose littéraire et l’art écrit au lieu de textes critiques. Des essais relativement conventionnels aussi. En solo, en collaboration ou en contribution à projet. Les résultats varient de la publication, l’exposition, la lecture, l’enregistrement sonore ou en ligne.

Michelle Naismith : Un film qui surimpose l’ »Institut des Arques » et Les Ateliers des Arques.

Benjamin Valenza : Un monument publique en plein air avec art video et film de genre.

Liza May Post : Une collaboration avec autocuiseur, le cliché mental d’une sortie nocturne sur un parking.

Emmanuelle Lainé : Un environnement « d’atelier » (des outils, des matériaux et d’autres « évidences’ d’un « travail » et d’une « productivité ») constitué et présenté dans une chambre de verre.

Hendrik Hegray : Des éditions imprimées mariant les genres fanzine et livre d’artiste. Un nombre de croquis automatistes et gestuels,  images d’êtres mutants.

Kaiser Kraft (Stéphane Barbier et Benjamin Valenza) : Design et scénographie du Centre Culturel Les Arques.

Le CCLA convoquera aussi les sculptures de grande échelle de Patrick Vogel, une voiture comprssée du garage Ciercolès, des cèpes et des morilles en bois de Mr Labroue Klébert, une barque réalisée par Olivier Roland et des œuvres de Bamboo Art offertes par Michael Beutler.

By order, Douglas Park

Les Arques, le 18 juin 2012

 

PRESSE :

« Les œuvres d’Owen Piper distribuées » (04/2013) - voir 

« L’Art contemporain 2012 : un grand cru » (07/2012) - voir 

« Les Ateliers, référence de l’art contemporain » (05/2012) - voir

« Les arts se croisent aux Ateliers » (04/2012) - voir

Les Inrockuptibles

Dans le cadre de sa série Summer camps consacrée aux communautés et résidences d’artistes, les Inrockuptibles sont venus découvrir les Ateliers des Arques  et l’exposition « The Madgic Porridge Pot » (2012).

N°. 872 du 14 au 21 août 2012 (p84-85) – article de Claire MOULENE

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